Guy Thouin, Rien ô tout ou linéaire un

Né à Montréal en 1940, Guy Thouin est un véritable original. Il tient d’abord la batterie dans différents orchestres avant d’entrer à l’École des beaux-arts de Montréal pour y étudier la sculpture et y parfaire ses connaissances de l’art contemporain ; il en ressort en 1965 avec une réceptivité accrue pour toutes formes d’expérimentations. C’est alors qu’il se tourne vers l’improvisation collective en musique, une expérience qui le mène à s’intéresser au free jazz et à d’autres types de musiques expérimentales. Il participe à la fondation du Quatuor de jazz libre du Québec (1967) puis à celle de l’Infonie (1969) tout en accompagnant Robert Charlebois dans ses efforts pour dynamiser le rock québécois (y compris lors des nombreuses moutures de l’Osstidcho). Thouin étudie aussi les percussions avec Pierre Béluse à l’Université McGill au tournant des années 1970. C’est à ce moment qu’il réalise « Rien ô tout ou linéaire un », un environnement sonore conçu pour une structure-lumière constituée de rayons lasers et de faisceaux lumineux. Présentée au Musée d’art contemporain de Montréal, du 21 octobre au 7 novembre 1971, dans le cadre de l’exposition Structure immatérielle du sculpteur Roland Poulin, cette pièce nous transporte dans l’univers englobant des happenings culturels de l’époque. Thouin séjournera ensuite en Inde pendant plusieurs années pour y étudier le tabla. Aujourd’hui, il poursuit toujours ses recherches – au sein de l’HeArt ensemble et d’autres projets – avec la complicité d’une nouvelle génération d’improvisateurs et d’expérimentalistes.

TNZR056 : GUY THOUIN, RIEN ô TOUT OU LINÉAIRE UN
Format : LP, 180 gr – Tirage limité

Guy Thouin : Musique
Maxime Jenniss : Pochette

“Rien ô tout ou linéaire un” – Extrait

Chroniques :
« Rien Ô Tout Ou Linéaire Un nods somewhat towards the sororities one might expect of free improvisation, however the results have clearly been ordered and composed. Even when individual elements can be quite abrasive, there is an apparent order and restraint guiding its perpetual movement. The primary sound objects consist of screeching vibrato pitches and crashing percussion, ornamented with the occasional staccato notes on a dismantled piano. Not quite electroacoustic music, as most of the sounds are untreated, the use of magnetic tape is nonetheless central Rien Ô Tout‘s aesthetic. The screeching pitches originate from a modified koto, a stringed instrument that is the national instrument of Japan. The koto has moveable bridges, for tuning, and as one plucks with one hand one can modify pitch by bending the string with the other. Here, rather than plucked, the koto seems to be bowed, producing a sound more akin to a kokyū or erhu, seemingly without any attempt to produce a pleasant tone. A cloud of percussion comes and goes, generally mallets beating symbols with the occasional crash. Reverse tape noises and the general constructed quality of the piece suggests extensive tape editing and manipulation. … [T]he result is powerful and evocative, drawing attention to itself and disrupting the listener’s attempt at peaceful contemplation. » – Joseph Sannicandro (A Closer Listen)

« The power of the piece [Rien ô tout ou linéaire un] is contagious, as it ebbs and flows, casting a hallucinatory aura that distorts one’s sense of focus. This is a true psychotropic music, meant to spark a voyage inward. Kudos are in order for the Tenzier label; in their quest to reveal the hidden beauty of Québec’s experimental underground, they’ve added another stellar LP to the canon. » – Bryon Hayes (Exclaim!)

« [A] visionary, previously unreleased, 1971 work by Guy Thouin. Between electro-acoustic music and free improvisation, it is of its time but reaches far beyond. It is no mere time-capsule, but a timeless piece of innovation, by one of the last original voices of the 1960s. » – Palomo Julien (Improvising Beings / Other Matter)

« Je sais pour lire mon grisli que Guy Thouin [aka Yug Thouin] est batteur, du Quatuor de jazz libre du Québec, oui. Alors je tends l’oreille, la pousse vers la batterie. Et j’y trouve des percussions. Un peu. Aussi des chants peuls, ou vénézuéliens, mais pas vraiment en fait. On n’en est pas là. Des femmes dans l’aigu mais peut être des archets… Des cymbales cette fois c’est sûr. En fait : du magnéto et des bandes magnétiques, un koto tripatouillé, un piano ‘démonté’ (cette fois c’est pas moi qui le dis). Et all of a sudden me voilà au milieu d’une sculpture de Roland Poulin. Et c’est joli, les sculptures de Robert Poulin. J’aimerais bien me rendre compte maintenant de la musique qui les environnaient à l’époque. Si un disque sort un jour, et qu’il soit bien présenté, alors je suis preneur. » – Pierre Cécile (Le son du grisli)